Pharmacie & Parapharmacie : Protéger les produits sensibles tout en respectant la réglementation

Temps de lecture : 18 minutes

Un secteur sous haute surveillance réglementaire Les pharmacies et parapharmacies font face à un défi unique dans le paysage du retail : concilier impératifs de sécurité, obligations réglementaires strictes et expérience client de qualité. Contrairement à d’autres commerces, ces établissements ne vendent pas de simples produits de consommation, mais des articles liés à la santé, […]

Un secteur sous haute surveillance réglementaire

Les pharmacies et parapharmacies font face à un défi unique dans le paysage du retail : concilier impératifs de sécurité, obligations réglementaires strictes et expérience client de qualité. Contrairement à d’autres commerces, ces établissements ne vendent pas de simples produits de consommation, mais des articles liés à la santé, soumis à un cadre légal très encadré.

Le vol en pharmacie présente des spécificités préoccupantes :

  • Produits à haute valeur unitaire : Un flacon de sérum anti-âge premium peut valoir 150 à 300€, un complément alimentaire spécialisé 60 à 120€
  • Substances sensibles : Les médicaments OTC (sans ordonnance) peuvent faire l’objet de détournements (automédication excessive, revente)
  • Forte demande constante : Cosmétiques de pharmacie, vitamines, produits de parapharmacie se revendent facilement
  • Clientèle variée : Du senior fragile au professionnel pressé, avec des besoins d’accessibilité différents

Ajoutez à cela les contraintes réglementaires spécifiques : obligation de conseil pharmaceutique, traçabilité stricte des médicaments, respect de la vie privée des patients, normes d’hygiène, accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Comment protéger efficacement vos produits sensibles sans transformer votre officine en bunker ? Comment sécuriser tout en préservant l’image rassurante et professionnelle attendue d’une pharmacie ? Quels dispositifs sont compatibles avec les normes du Code de la Santé Publique ?

Cet article vous guide dans la construction d’une stratégie de sécurisation adaptée au secteur pharmaceutique et parapharmaceutique.

Comprendre les risques spécifiques au secteur pharmaceutique

La typologie des produits à risque

Catégorie 1 – Médicaments OTC à risque de détournement

Certains médicaments en vente libre font l’objet de vols ciblés pour usage détourné ou revente :

  • Antalgiques codéinés (même OTC, contiennent des opiacés faibles)
  • Sirops antitussifs à base de dextrométhorphane (détournement récréatif)
  • Antihistaminiques de certaines générations (détournement)
  • Traitements du sommeil en libre-accès

Particularité : La réglementation impose des limites de vente par personne et par période pour certains. Le vol contourne cette limitation.

Catégorie 2 – Cosmétiques et soins premium

Les marques de dermo-cosmétique (La Roche-Posay, Avène, Vichy, Bioderma, Caudalie) ont des produits de 20 à 150€ :

  • Sérums anti-âge
  • Crèmes solaires haute protection
  • Produits anti-acné spécifiques
  • Soins contour des yeux

Fort taux de vol : Valeur élevée + petit format + forte demande sur plateformes de revente.

Catégorie 3 – Compléments alimentaires et nutrition sportive

Marché en forte croissance, produits souvent chers (40-120€) :

  • Vitamines et minéraux haut de gamme
  • Probiotiques spécialisés
  • Compléments minceur
  • Protéines et nutrition sportive

Catégorie 4 – Dispositifs médicaux

  • Thermomètres électroniques (30-80€)
  • Tensiomètres (50-150€)
  • Orthèses, attelles, ceintures lombaires (30-200€)
  • Lecteurs de glycémie et accessoires

Catégorie 5 – Produits de puériculture

  • Laits infantiles premium (15-30€ la boîte)
  • Produits de soin bébé haut de gamme
  • Biberons et accessoires de marque

Les profils de voleurs en pharmacie

Le patient en détresse sociale (30% des vols)

Personne qui vole des produits dont elle a réellement besoin mais qu’elle ne peut s’offrir (médicaments chers, laits infantiles). Vol par nécessité, pas par opportunisme commercial.

Approche : Ces situations relèvent parfois du travail social. Certaines pharmacies orientent vers des associations, dispositifs d’aide, ou proposent des génériques moins chers.

Le revendeur professionnel (40% des vols, 70% de la valeur)

Personne qui vole pour revendre sur internet (Vinted, Leboncoin, réseaux sociaux). Cible les cosmétiques de marque, compléments alimentaires, dispositifs médicaux. Connait bien les produits de forte valeur.

Technique : Dissimulation rapide (sac, veste), sortie discrète. Parfois travaille en binôme (diversion).

Le détournement pour usage personnel excessif (20% des vols)

Vol de médicaments OTC pour automédication intensive ou usage détourné. Peut concerner des personnes dépendantes cherchant à contourner les limitations de vente.

Le voleur opportuniste (10% des vols)

Client qui cède à la tentation face à un produit cher mal sécurisé. Impulsif, nerveux, amateur.

Les moments et zones de vulnérabilité

Moments critiques :

  • Heures de pointe (12h30-13h30, 18h-19h30) : Affluence qui masque les gestes suspects, personnel débordé
  • Jours de garde : Personnel réduit, clients inconnus (pas les habitués)
  • Période de soldes/promotions : Flux inhabituels, vigilance relâchée

Zones à risque :

  • Rayons cosmétiques en libre-service : Loin du comptoir, produits de forte valeur accessibles
  • Espace parapharmacie à l’entrée (avant le sas de l’officine) : Zone de transition, surveillance moindre
  • Gondoles latérales créant des angles morts
  • Arrière-boutique mal fermée : Accès au stock si porte entrouverte

Le cadre réglementaire : ce que vous devez savoir

Obligations du Code de la Santé Publique

Article R.5125-9 : Aménagement de l’officine

L’officine doit être aménagée de manière à :

  • Garantir la confidentialité des entretiens pharmaceutiques
  • Assurer la sécurité des médicaments et produits de santé
  • Permettre la surveillance des produits exposés

Implications pour la sécurisation :

  • Les dispositifs antivols ne doivent pas gêner la confidentialité (pas de caméras orientées vers le comptoir de conseil)
  • Les médicaments et dispositifs médicaux doivent être protégés du vol ET des dégradations (stabilité, hygiène)

Traçabilité des médicaments (Article L.5121-1 et suivants)

Tous les médicaments, même OTC, doivent être tracés :

  • Origine (fournisseur)
  • Date d’entrée en stock
  • Vente enregistrée avec identification du patient si nécessaire

Impact sécurisation : En cas de vol de médicament, vous devez pouvoir identifier précisément ce qui a été volé pour déclaration aux autorités (ANSM, ARS).

Protection des données de santé (RGPD + spécificités santé)

Les caméras de vidéosurveillance ne peuvent :

  • Filmer la zone de conseil où les patients exposent leurs problèmes de santé
  • Enregistrer les conversations entre pharmacien et patient
  • Identifier les produits achetés par tel ou tel client (données de santé)

Zone de filmage autorisée :

  • Entrée/sortie de l’officine
  • Rayons en libre-service (sans possibilité de lire les produits achetés individuellement)
  • Caisse (uniquement les gestes, pas les produits détaillés)

Affichage obligatoire : « Établissement sous vidéosurveillance » + Mention RGPD + Coordonnées du DPO (Délégué à la Protection des Données).

Accessibilité et sécurité : un équilibre délicat

Loi handicap (Article L.111-7-3)

Les officines doivent être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les dispositifs antivols ne doivent pas :

  • Créer d’obstacle au passage d’un fauteuil roulant (largeur minimale 90 cm)
  • Nécessiter une dextérité fine pour manipulation (personnes âgées, arthrose)

Portiques antivols : Espacement minimum 90 cm (réglementaire PMR). Privilégier 120 cm pour plus de confort.

Spécificités des produits cosmétiques en pharmacie

Règlement cosmétique européen (CE) n°1223/2009

Les cosmétiques vendus en pharmacie sont soumis aux mêmes règles que partout ailleurs, mais avec une exigence supplémentaire de conseil éclairé.

Implication sécurisation : Les cosmétiques doivent rester accessibles pour lecture des étiquettes (composition, conseils d’usage) même s’ils sont sécurisés. Les vitrines totalement fermées sont déconseillées.

Stratégies de sécurisation par catégorie de produits

Médicaments OTC : entre accessibilité et contrôle

Distinction cruciale :

OTC « classiques » (paracétamol, ibuprofène basique, vitamines courantes) :

  • Libre-service possible
  • Sécurisation légère (étiquettes RFID)
  • Positionnement : Rayons visibles depuis le comptoir

OTC « sensibles » (codéinés, antitussifs DXM, somnifères légers) :

  • Libre-accès déconseillé
  • Positionnement derrière le comptoir ou en vitrine fermée
  • Délivrance sur demande avec conseil obligatoire du pharmacien

Solution recommandée pour OTC sensibles :

Vitrine fermée derrière/à côté du comptoir :

  • Verre ou plexiglas transparent (client voit les produits)
  • Ouverture par le pharmacien uniquement
  • Permet le conseil systématique (requis déontologiquement)
  • Sécurité maximale

Registre de délivrance : Pour certains OTC sensibles, tenir un registre (même si non obligatoire légalement) permet de détecter des achats répétés suspects.

Cosmétiques et dermo-cosmétique : valoriser et protéger

Problématique : Les cosmétiques de pharmacie sont un pilier de la rentabilité (marges 30-40%) mais très volés.

Stratégie de sécurisation graduée :

Produits 5-30€ (soins courants, crèmes hydratantes, nettoyants) :

  • Libre-service total
  • Étiquettes RFID discrètes
  • Merchandising attractif (tester encouragé)
  • Surveillance vidéo générale

Produits 30-80€ (sérums, soins ciblés, protections solaires premium) :

  • Libre-accès mais sécurisation visible
  • Araignées alarmées fines sur les boîtes (dissuasion)
  • Positionnement : Zone centrale bien visible
  • Personnel formé à surveiller cette zone

Produits > 80€ (sérums anti-âge premium, coffrets, cures intensives) :

  • Vitrine fermée transparente (type Ice Secured Box)
  • Ou présentation sur présentoir avec socle alarme
  • Ou derrière comptoir avec échantillons/testeurs en libre-accès

Exemple concret : Sérum Vitamin C La Roche-Posay à 45€ :

  • Exposition en rayon libre-service
  • Boîte maintenue par araignée alarmée ultra-fine (presque invisible)
  • Étiquette RFID sous le rabat
  • Position : Gondole centrale face au comptoir (8 mètres)

Compléments alimentaires : un marché en croissance à protéger

Spécificité : Format souvent volumineux (boîtes de 60-90 gélules) mais forte valeur (40-120€).

Solution adaptée :

Compléments courants (vitamines, magnésium, oméga-3) < 30€ :

  • Rayonnage ouvert
  • Étiquettes RFID
  • Positionnement visible

Compléments premium et spécialisés > 30€ :

  • Packaging sécurisé : Boîte maintenue par collier alarme ou araignée
  • Positionnement stratégique : Derrière le comptoir pour les plus chers (> 80€)
  • Conseil associé : Le pharmacien peut valoriser son expertise (justifie le prix)

Astuce merchandising : Pour les compléments chers, exposer la boîte vide (ou maquette) en rayon avec mention « Demandez conseil à votre pharmacien ». Le produit réel est stocké en réserve. Double bénéfice : Sécurité + Valorisation du conseil.

Dispositifs médicaux : des produits techniques à haute valeur

Thermomètres, tensiomètres, glucomètres :

Ces appareils sont dans des boîtes rigides, bien visibles, mais chers (30-150€).

Solution :

  • Vitrine fermée pour les modèles > 80€
  • Boîtes sécurisées par araignée pour les 30-80€
  • Exposition d’un modèle de démonstration (client peut le manipuler, voir la taille, l’ergonomie)
  • Produit neuf en boîte scellée remis après paiement

Orthèses, ceintures, bas de contention :

Format variable, souvent en packaging souple (sachets).

Solution :

  • Positionnement derrière comptoir (conseil personnalisé souvent nécessaire pour la taille)
  • Si exposition en libre-service : Packaging renforcé + étiquette RFID + surveillance vidéo

Produits de puériculture : sensibilité sociale

Laits infantiles :

Produits régulièrement volés (15-30€ la boîte, besoin récurrent, précarité de certaines familles).

Approche équilibrée :

  • Sécurisation technique : RFID, positionnement visible du comptoir
  • Approche sociale : Affichage des aides disponibles (PMI, associations), proposition de marques moins chères

Certaines pharmacies engagées proposent des « paniers solidaires » (dons de clients pour familles en difficulté). Réduit le vol par nécessité.

Produits de soin bébé (crèmes, lingettes, biberons) :

Sécurisation standard (RFID) sauf pour les produits premium (> 40€) qui méritent une araignée.

Technologies et dispositifs adaptés à la pharmacie

Étiquettes RFID discrètes : l’invisible efficace

Avantages en pharmacie :

  • Discrétion totale : L’étiquette est invisible, ne dégrade pas l’esthétique professionnelle
  • Respect de l’intimité : Contrairement aux araignées visibles, n’attire pas l’attention sur ce que le client achète
  • Gestion d’inventaire : Double usage (antivol + comptage automatique des stocks)

Positionnement de l’étiquette :

  • Cosmétiques : Sous le rabat de la boîte, ou au dos du flacon
  • Compléments alimentaires : À l’intérieur du couvercle
  • Dispositifs médicaux : Sur le blister intérieur (impossible de retirer sans ouvrir la boîte)

Coût : 0,08 à 0,25€/étiquette selon volume. Pour une pharmacie moyenne (10 000 références actives dont 3 000 à tagguer) : Investissement de 240 à 750€.

Portiques RFID :

  • Positionnement : À la sortie de l’officine (après le sas d’entrée si double porte)
  • Espacement : 120 cm minimum (confort + accessibilité PMR)
  • Design : Modèles « pharmacie » en finition blanche ou bois clair (intégration douce)

Araignées alarmées ultra-fines : dissuasion visible mais élégante

Modèles adaptés à la pharmacie :

Les araignées classiques (imposantes, câbles épais) sont trop agressives visuellement pour une pharmacie.

Araignées nouvelle génération :

  • Câble ultra-fin (2-3 mm, quasi-invisible)
  • Boîtier discret (2 cm de diamètre)
  • Finition blanche ou translucide (harmonie avec l’univers santé)
  • Alarme 90 dB (suffisante sans être assourdissante)

Usage recommandé :

  • Cosmétiques 40-100€
  • Compléments alimentaires > 50€
  • Petits dispositifs médicaux en boîtes

Coût : 25-40€/unité pour modèles discrets. Pour 50 produits sensibles : 1 250 à 2 000€.

Vitrines sécurisées transparentes : le luxe protégé

Pour produits ultra-premium (> 100€) :

Sérums anti-âge haut de gamme, coffrets prestige, dispositifs médicaux électroniques chers.

Vitrine Ice Secured Box ou équivalent :

  • Polycarbonate haute résistance (anti-effraction)
  • Transparence totale (client voit parfaitement le produit)
  • Éclairage LED intégré (valorisation, effet « écrin de luxe »)
  • Ouverture par clé magnétique (pharmacien uniquement)

Positionnement :

  • Derrière le comptoir (zone conseil)
  • Ou sur comptoir latéral (visible de l’ensemble de l’officine)

Avantage psychologique : Le produit « précieux » dans son écrin renforce la perception de qualité et justifie le prix élevé.

Vidéosurveillance avec respect de la confidentialité

Configuration légale en pharmacie :

Caméras autorisées :

  • Entrée/sortie de l’officine
  • Rayons en libre-service (parapharmacie, cosmétiques)
  • Vision globale de l’espace (détection de mouvements suspects)

Zones INTERDITES de filmer :

  • Comptoir de conseil où se déroule l’entretien pharmaceutique
  • Zone de préparation (secret professionnel)
  • Arrière-boutique (vestiaire du personnel)

Orientation des caméras : Filmer en plongée (depuis le plafond) pour voir les gestes mais pas lire les détails des produits achetés (respect confidentialité médicale).

Affichage réglementaire :

  • Panneau « Vidéosurveillance » à l’entrée
  • Mention des droits d’accès aux images (RGPD)
  • Coordonnées du responsable de traitement (titulaire de l’officine)

Conservation des images : 30 jours maximum (sauf incident déclaré nécessitant conservation prolongée).

Aménagement de l’espace : prévenir par le design

Le comptoir central : tour de contrôle de l’officine

Principe : Le comptoir pharmaceutique est naturellement un poste de surveillance privilégié.

Optimisation sécuritaire :

  • Hauteur surélevée (+15 cm vs comptoir classique) : Améliore le champ de vision sur l’ensemble de l’officine
  • Positionnement central : Permet de voir tous les rayons (éviter comptoir collé à un mur)
  • Moniteurs de vidéosurveillance intégrés (discrets, écrans sous le niveau du comptoir) : Le pharmacien voit sans que ce soit visible des clients

Zone de conseil à l’écart : Pour les discussions confidentielles (contraception, troubles intimes), prévoir un espace de conseil isolé (angle avec claustra, ou petite pièce dédiée). Pas de caméra dans cette zone.

Circulation fluide et contrôlée

Porte d’entrée unique : Éviter les configurations avec plusieurs entrées/sorties. Idéal : Une seule porte qui fait entrée ET sortie.

Sas d’entrée (si espace suffisant) :

  • Double porte (extérieur → sas → intérieur officine)
  • Portiques RFID dans le sas
  • Si vol détecté, alarme se déclenche alors que la personne est encore « coincée » entre les deux portes

Attention : Le sas ne doit jamais pouvoir enfermer quelqu’un (réglementation incendie). Les portes doivent toujours pouvoir s’ouvrir de l’intérieur.

Rayonnage optimisé : visibilité maximale

Hauteur des gondoles :

  • Rayons parapharmacie/cosmétiques : Maximum 1,60 m de hauteur (vue dégagée depuis le comptoir)
  • Mobilier central : Préférer des îlots bas (1,20-1,40 m) plutôt que des gondoles hautes qui coupent la vue

Miroirs de surveillance : Dans les angles où la vue directe est impossible, installer des miroirs convexes (type « sortie de parking »). Le pharmacien surveille indirectement les zones aveugles.

Élimination des recoins : Éviter les accumulations de mobilier créant des cachettes (entre deux gondoles, derrière un présentoir). Tout doit être dégagé, circulable, visible.

Former et sensibiliser les équipes officinales

Spécificités de la formation en pharmacie

Cadre légal et déontologique

  • Obligations du pharmacien (Code de la Santé Publique)
  • Traçabilité des médicaments
  • Respect de la confidentialité patients
  • Procédures en cas de vol de médicament (déclaration ANSM/ARS si nécessaire)

Repérer les comportements suspects sans stigmatiser

Signaux d’alerte comportementaux :

  • Personne qui refuse systématiquement le conseil (« non merci, je sais ce que je veux ») pour produits coûteux
  • Mouvements rapides dans le rayon cosmétiques avec peu de temps d’examen
  • Regards fréquents vers le personnel (évaluation de surveillance)
  • Sac ou veste maintenu(e) fermé(e) de manière inhabituelle

MAIS attention : Ne jamais profiler (âge, apparence, origine). La vigilance doit être comportementale, pas discriminatoire.

Intervenir avec tact et professionnalisme

En pharmacie, plus qu’ailleurs, l’intervention doit être douce et professionnelle :

Approche recommandée :

  • « Bonjour, je peux vous conseiller sur nos produits de soin ? »
  • « Vous cherchez quelque chose en particulier ? Je peux vous orienter. »
  • Jamais d’accusation, toujours une offre de service

Si suspicion forte :

  • Alerter discrètement le pharmacien titulaire (code verbal convenu)
  • Maintenir une présence naturelle dans la zone
  • Ne jamais confronter physiquement (risque d’agression + incompatible avec l’image de la pharmacie)

Gestion post-vol

  • Rédaction du rapport d’incident
  • Déclaration aux autorités si médicament volé
  • Procédure d’assurance
  • Débriefing collectif (apprentissage)

La culture de la bienveillance vigilante

Principe : Dans une pharmacie, la priorité absolue reste le soin et le conseil. La sécurité ne doit jamais prendre le dessus au point de dégrader la relation patient-pharmacien.

Équilibre à trouver :

  • Vigilance sans méfiance systématique
  • Protection sans suspicion permanente
  • Fermeté si vol avéré, mais toujours avec dignité

Exemple de bonne pratique : Une patiente âgée dissimule maladroitement un produit coûteux qu’elle ne peut se payer. Plutôt qu’une confrontation, le pharmacien l’oriente vers une aide sociale, propose un générique moins cher, ou dans certains cas (détresse évidente) peut faire un geste commercial exceptionnel. La sécurité des biens ne doit jamais primer sur la sécurité des personnes.

Gestion des cas particuliers

Les mineurs et les produits sensibles

Problématique : Certains mineurs tentent de voler des produits « d’adultes » (tests de grossesse, contraception d’urgence, produits anti-acné chers).

Approche :

  • Si tentative détectée : Intervention du pharmacien en toute discrétion
  • Proposition d’aide (orientation planning familial, consultation gratuite)
  • Pas de dramatisation (préserver la confiance pour qu’ils reviennent demander conseil)

Les personnes en situation de précarité

Vols de nécessité : Laits infantiles, médicaments pour maladies chroniques, produits d’hygiène.

Actions possibles :

  • Partenariat avec associations locales (Secours Populaire, Croix-Rouge)
  • Affichage des aides disponibles (CMU-C, AME, fonds de secours)
  • Dans certains cas, engagement solidaire de l’officine (don de produits en fin de péremption proche, participation à des collectes)

Objectif : Réduire le vol par nécessité en orientant vers les solutions d’aide existantes.

Les professionnels de santé (infirmiers, aides-soignants)

Parfois, des vols sont commis par des professionnels de santé pour leurs patients (détournement de stock).

Prévention :

  • Traçabilité stricte des achats professionnels (compte client pro avec suivi)
  • Limitation des quantités (pas de vente en gros hors cadre légal)
  • En cas de suspicion : Discussion confraternelle avec le professionnel concerné

La pharmacie, un commerce pas comme les autres

Sécuriser une pharmacie ou une parapharmacie exige une approche sur-mesure et respectueuse qui intègre :

1. Le cadre réglementaire strict : Code de la Santé Publique, RGPD santé, accessibilité PMR, confidentialité patients

2. La diversité des produits : Du médicament sensible au cosmétique de luxe, chaque catégorie a ses besoins spécifiques

3. Le positionnement professionnel : La pharmacie n’est pas un commerce ordinaire. C’est un lieu de soin, de conseil, de confiance

4. L’équilibre délicat : Protéger sans enfermer, surveiller sans épier, dissuader sans stigmatiser

Les principes clés à retenir :

Adapter la sécurisation au produit : RFID discret pour le courant, araignées fines pour le sensible, vitrines pour le premium

Privilégier l’invisible : Les technologies discrètes (RFID, alarmes silencieuses) préservent l’atmosphère professionnelle et rassurante

Former avec empathie : Vos équipes doivent être vigilantes ET bienveillantes

Respecter scrupuleusement la réglementation : Vidéosurveillance sans atteinte à la confidentialité, accessibilité, traçabilité

Penser global : La sécurisation n’est qu’un outil. L’organisation de l’espace, la formation, le conseil de qualité sont tout aussi essentiels

La meilleure sécurisation d’une pharmacie est celle qui se fait oublier : le patient vient chercher soin et conseil dans un espace accueillant et professionnel, sans percevoir la surveillance. Et pendant ce temps, les dispositifs invisibles travaillent silencieusement à protéger votre stock.


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Nos experts connaissent les spécificités réglementaires et opérationnelles du secteur pharmaceutique. Nous vous proposons des solutions discrètes, efficaces et conformes : RFID, vitrines transparentes, araignées ultra-fines, vidéosurveillance respectueuse de la confidentialité.

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Comprendre la démarque inconnue : Le fléau invisible du retail

Dans le commerce de détail, la démarque inconnue est un indicateur redouté. Elle correspond à la différence entre le stock théorique (comptable) et le stock réel (physique). En clair : ce sont les produits qui disparaissent sans avoir été vendus.

Pour un magasin, c’est une perte sèche de marge nette. Comprendre ses origines et ses mécanismes est la première étape pour la réduire.

La démarque inconnue a 4 causes principales (Source : NRF Security Survey) :

  • Le vol à l’étalage (externe) : ~37% des pertes. C’est la cause la plus visible et la plus médiatisée.
  • Le vol interne (collaborateurs) : ~29%. Souvent sous-estimé, il concerne les détournements de marchandises ou d’espèces.
  • Les erreurs administratives : ~21%. Erreurs de réception, mauvais étiquetage, casse non déclarée.
  • La fraude fournisseurs : ~7%. Livraisons incomplètes ou facturation abusive.

Chaque point de pourcentage gagné sur la démarque est un point de marge pure récupéré. C’est pourquoi la lutte contre la démarque est un levier de rentabilité plus puissant que l’augmentation du chiffre d’affaires.

Les chiffres clés en 2024-2025

Le contexte inflationniste a malheureusement favorisé une recrudescence des vols. Les produits de « nécessité » (alimentaire, hygiène) sont désormais aussi touchés que les produits « plaisir » (high-tech, parfums).

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?

La démarque inconnue représente en moyenne 1,6 % du chiffre d’affaires mondial, atteignant 112 milliards de dollars de pertes annuelles aux USA.

(source : National Retail Federation 2023).

En France, selon les secteurs, les taux varient considérablement :

  • Grande Distribution Alimentaire : 0,8% à 1,2% (volumes énormes, marges faibles).
  • Textile & Mode : 1,5% à 2% (facilité de dissimulation).
  • High-Tech & Multimédia : 2% à 3% (produits à forte valeur ajoutée et revente facile).
  • Pharmacie & Parapharmacie : ~1,8% (produits petits et onéreux).

Ces pertes ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’une faille dans le processus de sécurisation ou de gestion.

Solutions : Comment réduire la démarque sans nuire au commerce ?

La tentation est grande de « tout verrouiller » pour stopper l’hémorragie. C’est une erreur stratégique. Un magasin « bunker » ne vend plus. La clé est de trouver l’équilibre entre protection active et expérience client fluide.

1. La Dissuasion (Avant le vol)

C’est la méthode la plus rentable. Il s’agit de décourager le voleur opportuniste.

  • Visibilité : Des portiques antivol (EAS) visibles à l’entrée signalent que le magasin est protégé.
  • Vidéosurveillance : Des écrans de retour à l’entrée montrent au client qu’il est filmé.
  • Accueil client : Un simple « Bonjour » du vendeur suffit à briser l’anonymat du voleur.

2. La Protection Produit (Pendant la tentative)

C’est le cœur de métier de SAAA. Il s’agit de rendre le vol difficile ou inutile.

  • Libre-Toucher Sécurisé : Utiliser des supports alarmés (comme le SD-Block) qui permettent de manipuler mais sonnent en cas d’arrachement.
  • Macaronnage intelligent : Utiliser des étiquettes (RF/AM) ou des araignées (Spider Wrap) adaptées au packaging.
  • Protection des stocks : Sécuriser les réserves et les produits à forte valeur (clés OneKey).

3. L’Analyse (Après le vol)

Utiliser la donnée pour comprendre. Les nouvelles antennes RFID permettent de savoir exactement quel produit a été volé et quand, pour adapter le plan de sécurité.

L’impact d’une bonne stratégie de lutte

Investir dans la lutte contre la démarque inconnue a un ROI (Retour sur Investissement) souvent inférieur à 12 mois.

Gain financier direct :
Chaque produit non volé est un produit vendu. Réduire la démarque de 1,5% à 0,8% augmente mécaniquement votre résultat net de plusieurs points.

Disponibilité Produit :
Le vol crée des ruptures de stock « visuelles » (le système croit qu’il y a du stock, mais le rayon est vide). Sécuriser, c’est garantir que le produit est là pour l’acheteur honnête.

Conclusion : La sécurité est un investissement, pas une charge

18%

+20%

De disponibilité produit constatée chez nos clients équipés de solutions de sécurisation active.
Lutter contre la démarque inconnue ne consiste pas seulement à empêcher les voleurs de sortir, mais à permettre aux clients de rentrer et d’acheter en toute sérénité.

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Sécuriser sans dégrader l’expérience client : un équilibre stratégique pour les enseignes

Temps de lecture : 6 minutes

Dans le retail, le libre-toucher est devenu une norme. Mais cette liberté a un coût : augmentation du risque de vol, de détérioration ou de manipulation excessive. Entre sécurisation rigide et expérience client fluide, l’équilibre est délicat — mais stratégique. C’est précisément ce défi que doivent relever les enseignes pour conjuguer attractivité commerciale et maîtrise des pertes.

Pourquoi le libre-toucher est devenu incontournable

Aujourd’hui, 8 clients sur 10 affirment vouloir manipuler un produit avant de l’acheter. Dans les secteurs comme la téléphonie, l’électronique, la beauté ou le sport, la démonstration produit est au cœur de l’acte d’achat. Le libre-toucher n’est plus un luxe, mais une attente implicite.

Cette attente concerne tous les types de clients :

  • Les technophiles qui veulent tester un appareil avant de s’engager.
  • Les acheteurs sensibles au design, qui doivent pouvoir apprécier les finitions.
  • Les utilisateurs pragmatiques, pour qui le produit doit être tangible et fonctionnel.

L’expérience sensorielle est un facteur de conversion. Priver le client de cette étape, c’est lui offrir une raison de partir. Dans un monde dominé par le e-commerce, les points de vente physiques conservent un avantage décisif : la relation sensorielle au produit. Voir, toucher, essayer, manipuler, entendre… chaque interaction physique renforce le lien émotionnel entre le client et l’article.

Cette étape sensorielle joue un rôle clé dans la prise de décision :

  • En téléphonie, c’est le poids du smartphone ou la fluidité de l’écran.
  • En beauté, c’est la texture d’une crème ou l’odeur d’un parfum.
  • En bricolage, c’est la prise en main d’un outil ou sa maniabilité.

Privé de cette phase, le client est livré au doute. Et dans un univers ultra-concurrentiel, le doute fait fuir. Un produit inaccessible, trop sécurisé ou enfermé derrière une vitre devient rapidement un frein à l’achat, voire un irritant. À l’inverse, un produit que l’on peut manipuler librement déclenche un engagement, un début d’appropriation… et une conversion plus naturelle.

Permettre l’expérience, c’est enclencher le processus d’achat. L’empêcher, c’est y renoncer avant même d’avoir commencé.

Les impacts d’une mauvaise sécurisation

Lorsqu’un produit est trop protégé (sous vitrine, verrouillé, inaccessible), cela génère de la frustration. Inversement, une exposition sans précaution sur certains articles attire les vols opportunistes ou répétés. Ces deux extrêmes nuisent à la performance globale du magasin.

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?

La démarque inconnue représente en moyenne 1,4 % du chiffre d’affaires en grande distribution et jusqu’à 3 % dans les secteurs high-tech

(source : Perifem 2023).

Une mauvaise sécurisation peut entraîner :

  • Des pertes produits régulières, qui grèvent la rentabilité.
  • Une surcharge des équipes, focalisées sur la surveillance plutôt que sur le conseil.
  • Un effet dissuasif sur les clients, qui évitent les zones « sous cloche ».

À l’heure où l’expérience client est un levier de différenciation majeur, chaque friction compte.

Trouver le bon niveau de sécurité

Sécuriser ne veut pas dire verrouiller. Il s’agit de mettre en place des dispositifs adaptés à la typologie produit, à sa valeur, à sa position dans le linéaire et à la zone géographique.

Une bonne sécurisation est :

  • Ciblée : on ne sécurise pas tout, mais ce qui le mérite vraiment.
  • Proportionnée : plus le risque est élevé, plus la technologie est avancée.
  • Non intrusive : le client doit pouvoir interagir avec le produit librement.

Les bonnes pratiques :

  • Évaluer les produits les plus exposés (prix, attrait, facilité d’emport).
  • Segmenter les dispositifs selon les rayons (libre-emporter vs libre-toucher).
  • Standardiser les outils en gardant une logique de merchandising global.

Le rôle des solutions modernes (et invisibles)

Les solutions actuelles permettent de sécuriser sans montrer. Elles utilisent le design, la technologie et l’intelligence de détection pour agir uniquement quand c’est nécessaire.

Parmi ces technologies :

  • Les supports discrets intégrés au mobilier, invisibles pour le client.
  • Les recoilers intelligents, qui détectent les mouvements suspects.
  • Les systèmes d’alarme silencieux, connectés à une centrale.
  • Les boîtiers de sécurisation transparents, qui conservent la lisibilité produit.

Ce que ça change sur le terrain

Côté client :

  • Une sensation de liberté et d’autonomie.
  • Un produit visible, accessible, compréhensible.
  • Moins d’interactions forcées avec le personnel.

Côté équipe :

  • Moins de temps passé à surveiller ou à intervenir.
  • Moins de stress sur les zones sensibles.
  • Une meilleure efficacité au quotidien.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

18%

d’augmentation
des ventes

Un point de vente qui passe d’un système fermé à un dispositif libre-toucher sécurisé augmente ses ventes de +18 % en moyenne sur les catégories exposées (source interne SAAA / panel téléphonie 2023).

Dans le même temps :

  • La démarque inconnue diminue jusqu’à 35 % sur les produits sécurisés.
  • Le temps moyen de manipulation produit est doublé.
  • Les ventes additionnelles (accessoires, garanties) sont en hausse.

Ces données confirment que la sécurisation pensée expérience est un levier commercial.

Ce que font les enseignes les plus avancées

Les enseignes qui ont pris de l’avance :

  • Impliquent les équipes dès la conception des dispositifs.
  • Co-développent des solutions avec des partenaires comme SAAA Retail.
  • Pensent la sécurité comme une composante du parcours client, pas un module indépendant.

Elles gagnent :

  • En cohérence visuelle.
  • En performance de vente.
  • En satisfaction client et collaborateur

En conclusion

Sécuriser sans casser l’expérience client, c’est possible. Et plus que jamais nécessaire.

En intégrant des dispositifs adaptés, esthétiques et bien pensés, vous transformez la sécurité en valeur ajoutée commerciale. Le produit reste au cœur de l’attention. Et l’achat se fait naturellement, sans friction.

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